La Nature est un temple où de vivants piliers laissent parfois sortir de confuses paroles…Charles Baudelaire
7 Lug

Les Fleurs du Mal
Edizione del 1857, copia corretta da Baudelaire.
Senza tregua, al mio fianco, affannato il Demonio
mi alita tutt’intorno, vago soffio d’inferno.
Io lo respiro, e sento che mi brucia i polmoni,
vi inietta un desiderio colpevole ed eterno.
Conoscendo il mio amore per l’arte spesso prende
le forme seducenti di una donna fatale
e con sottili inganni e con raggiri rende
le mie labbra assuefatte a ogni filtro letale.
Mi trasporta lontano dallo sguardo divino,
e ansante, affaticato, mi sospinge fino
ai campi della Noia, avvallati, deserti,
e getta nei miei occhi in preda a confusione
luridi vestimenti, ferite ancora aperte
e sanguinosi arnesi cari alla distruzione.
FLEURS DU MAL
CIX
traduzione a cura di Antonio Prete
La destruction
Sans cesse à mes côtés s’agite le Démon;
II nage autour de moi comme un air impalpable;
Je l’avale et le sens qui brûle mon poumon
Et l’emplit d’un désir éternel et coupable.
Parfois il prend, sachant mon grand amour de l’Art,
La forme de la plus séduisante des femmes,
Et, sous de spécieux prétextes de cafard,
Accoutume ma lèvre à des philtres infâmes.
II me conduit ainsi, loin du regard de Dieu,
Haletant et brisé de fatigue, au milieu
Des plaines de l’Ennui, profondes et désertes,
Et jette dans mes yeux pleins de confusion
Des vêtements souillés, des blessures ouvertes,
Et l’appareil sanglant de la Destruction!
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